Bijoux nœud de sorcière : ce que j’ai compris en en fabriquant trois

Ce week end, j’ai sorti ma boîte de fil et j’ai décidé de tester quelque chose que j’avais noté il y a des semaines. Les bijoux nœud de sorcière passaient en boucle sur mon fil d’images depuis le printemps, et je voulais savoir si le motif se montait aussi facilement qu’il en avait l’air.

D’où vient le motif

Le nœud dit de sorcière est un entrelacs fermé, sans début ni fin visible, dont on trouve des variantes dans plusieurs traditions textiles européennes. Il circule aujourd’hui surtout comme motif décoratif, détaché de ses usages d’origine. Je le prends pour ce qu’il est de mon côté, c’est à dire une forme à monter, et je n’ai aucune compétence pour en dire plus sur son histoire.

Ce qui m’intéressait, c’est que la forme paraît simple et qu’elle ne l’est pas. Un entrelacs mal tendu se voit immédiatement, là où un motif asymétrique pardonne beaucoup.

Pendentif noué photographié de près, les brins du métal bien séparés

Première tentative : trop souple

J’ai commencé avec du fil d’aluminium de 1 millimètre, parce qu’il se plie à la main et qu’il pardonne les erreurs. C’est précisément le problème. Le nœud se montait bien, mais il se déformait dès que je le prenais entre deux doigts. Après une journée dans une poche, le pendentif ressemblait à une boule.

Trente minutes de travail, et une pièce inutilisable. Le fil d’aluminium convient pour apprendre le geste, pas pour la pièce finale.

Deuxième tentative : trop raide

Je suis passée à du fil de laiton de 1,2 millimètre, nettement plus rigide. La tenue était bonne, mais chaque pliure demandait une pince, et la pince marquait le métal. Au bout de six croisements, le nœud était couvert de petites traces brillantes impossibles à rattraper.

J’ai essayé de protéger les mors de la pince avec du ruban adhésif. Ça atténue sans régler, et le ruban glisse au mauvais moment.

Troisième tentative : ce qui a fonctionné

Pinces et bobine de fil posées sur un plan de travail de fabrication de bijoux

Du fil de laiton de 0,8 millimètre, et des pinces à mors nylon achetées d’occasion. Le fil se plie à la main sur les grandes courbes et à la pince sur les angles serrés, sans marquer. Le nœud tient sa forme et pèse assez peu pour une chaîne fine.

Le point que j’avais raté les deux premières fois, c’est l’ordre. Je montais l’entrelacs à plat puis je resserrais à la fin, ce qui tirait sur tous les croisements en même temps. Monter en resserrant au fur et à mesure demande plus d’attention mais donne une symétrie que je n’obtenais pas autrement.

Le matériel exact

  • Fil de laiton demi dur, 0,8 mm, environ 25 cm pour un pendentif de 2,5 cm.
  • Une pince à bouts ronds pour les boucles, une pince plate à mors nylon pour les angles.
  • Une pince coupante correcte, parce qu’une coupe propre évite le ponçage.
  • Une lime à ongles en carton pour adoucir le bout qui passera dans la bélière.

Comptez quarante minutes pour le premier, vingt pour le troisième. Le temps se joue entièrement sur l’hésitation, pas sur le geste.

Les bijoux nœud de sorcière valent-ils le montage maison

Le calcul dépend de ce qu’on cherche. Une bobine de dix mètres de laiton de 0,8 coûte le prix d’un pendentif fini bon marché, et elle permet de monter une vingtaine de pièces. Les deux pinces, achetées d’occasion, représentent le gros de l’investissement de départ.

Au prix de revient, une pièce montée à la maison revient donc à presque rien. Au temps passé, elle revient très cher. Quarante minutes pour le premier essai, et il était raté. C’est le genre de compte qui n’a de sens que si le montage vous plaît en lui même.

De mon côté, j’y passe mes soirées parce que c’est ce que j’aime faire. Si l’objectif est d’avoir un pendentif noué au cou le week end prochain, l’achat reste plus raisonnable.

La finition, que j’ai bâclée

Le laiton nu noircit au contact de la peau, ce qui n’est pas grave mais qui marque les vêtements clairs. J’ai posé un vernis incolore pour bijoux sur la troisième pièce, et il s’écaille déjà au bout de deux semaines sur les arêtes.

La prochaine fois, je partirai sur du fil d’argent, plus cher mais qui se patine au lieu de s’oxyder en vert. Pour le reste, ce que j’ai appris sur l’entretien des métaux dans ma note sur les bijoux de fantaisie s’applique tel quel, et le chapitre sur les fermoirs vaut aussi pour la bélière d’un pendentif monté main.

Sur les appellations et les poinçons, si vous passez à l’argent, la page de la direction générale des douanes explique ce que les marques signifient. J’avais déjà eu besoin de la consulter pour une boucle à perle de culture achetée d’occasion.

Je ne sais pas encore si le nœud tiendra sa forme sur un an de port. Je reviendrai dessus quand j’aurai de quoi en juger.

Portrait de Céline Aubert

Céline Aubert

Une amateure nantaise qui fabrique ses bijoux chez elle et note ce qu'elle apprend.