Faire tenir un rouge à lèvres longue tenue sans assécher

Huit heures de tenue annoncées, et des lèvres cartonnées dès quinze heures. C’était mon expérience de tous les rouges à lèvres longue tenue que j’avais essayés, au point que j’avais abandonné la catégorie pendant deux ans. J’y suis revenue, en changeant la façon de faire plutôt que le produit.

Pourquoi ces formules assèchent

La tenue vient d’un film qui se dépose et qui résiste au frottement. Pour qu’il se forme, la partie liquide doit s’évaporer, et ce qui reste est un pigment fixé sur une peau à laquelle on n’a rien apporté. Un rouge classique fait l’inverse : il apporte des corps gras et il part au premier verre.

Ce n’est donc pas un défaut de fabrication, c’est le mécanisme. Ce qui veut dire que la solution ne se trouve pas dans le flacon mais autour.

Rouge à lèvres ouvert posé sur une table, le raisin du bâton bien visible

Les trois changements qui ont marché

Préparer la veille, pas le matin

Un baume épais appliqué le soir, tous les soirs, change l’état de la lèvre au réveil. Appliqué juste avant le rouge, il empêche le film de se fixer et le produit file dans les plis. Le décalage dans le temps règle la contradiction.

Une seule couche, bien sèche

Je mettais deux couches coup sur coup pour intensifier. La deuxième se posait sur la première encore humide, et l’ensemble restait collant puis craquelait. Maintenant j’attends deux bonnes minutes entre les deux, ou je n’en mets qu’une. La tenue n’a pas bougé.

Retirer sans frotter

C’est le point que je sous estimais le plus. Je décapais au démaquillant classique en frottant trois fois, ce qui abîmait la lèvre bien plus que le produit lui même. Une huile laissée en place une minute dissout le film, et un mouchoir suffit ensuite.

Trace de rouge à lèvres laissée sur une serviette en papier blanche

Ce que j’ai testé sans succès

Le gommage aux cristaux de sucre juste avant l’application : il donne une lèvre lisse pendant dix minutes puis une irritation qui dure. La poudre libre tapotée par dessus le rouge pour « sceller » : elle mate la couleur et accentue les plis. Le crayon contour sur toute la surface, censé servir de base : chez moi, il fait rouler le rouge plutôt que le tenir.

Je mentionne ces trois essais parce qu’ils reviennent souvent et qu’ils n’ont rien donné sur mes lèvres. Il est possible qu’ils marchent sur d’autres, avec une lèvre moins sèche que la mienne au départ.

Le dernier essai raté mérite un paragraphe à lui seul, parce qu’il m’a coûté une soirée. J’avais lu qu’un film de baume posé sous le rouge, puis essuyé, laissait une couche invisible qui protège sans empêcher la tenue. Chez moi, le produit a glissé dans les plis en moins de deux heures et le contour a bavé. Je ne recommencerai pas, mais je comprends l’idée.

Choisir un rouge à lèvres longue tenue qui ne tire pas

Après deux ans d’abandon et un an de retour, j’ai fini par me fixer quatre critères que je vérifie en magasin avant de payer.

  1. La texture au départ. Un liquide très fluide qui sèche en trente secondes tire plus qu’un liquide crémeux qui met deux minutes.
  2. Le fini annoncé. Le mat intégral assèche nettement plus que le satiné, quelle que soit la marque.
  3. La présence d’un baume fourni dans le même tube. C’est souvent le signe que le fabricant sait que sa formule tire.
  4. La teinte, testée sur le bout du doigt et non sur le dos de la main. La peau du doigt a une texture plus proche de celle de la lèvre.

Le quatrième critère est celui qui m’a le plus servi. Les teintes qui paraissent fraîches sur le dos de la main virent souvent au brique sur ma lèvre, qui est naturellement foncée.

Combien de temps ça tient, montre en main

Six heures sans repas, deux heures si je mange. Aucun produit n’a survécu à un déjeuner chez moi, quelle que soit la promesse sur le tube. Je garde donc le bâton dans le sac et je repasse une couche après, ce qui reste plus simple que de chercher le produit qui n’existe pas.

Sur ce que contiennent ces formules et sur le contrôle dont elles font l’objet, la page cosmétiques de l’ANSM donne le cadre. C’est une lecture de ma part, pas une vérification.

Le détail qui concerne les bijoux

Un rouge longue tenue transfère moins qu’un rouge classique, ce qui est une bonne nouvelle pour les cols et pour les chaînes de cou. Mais il laisse quand même un dépôt pigmenté sur le métal au moment où on l’enlève le soir, quand on passe la tête dans un col.

Sur une chaîne fine, ce dépôt se loge dans les maillons et se voit au bout de quelques semaines. Je retire le collier avant le démaquillage, ce qui règle la question. Le nettoyage, quand c’est déjà fait, suit la méthode de ma note sur les bijoux de fantaisie, et pour une teinte accordée au regard j’ai noté ce qui marche chez moi dans mon billet sur les yeux noisette.

Portrait de Céline Aubert

Céline Aubert

Une amateure nantaise qui fabrique ses bijoux chez elle et note ce qu'elle apprend.